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la micro adaptation des plantes,
La Société d'horticulture de Québec tient à remercier Monsieur Louis
St-Hilaire
pour l'apport de ce document horticole appuyant sa conférence sur la micro adaptation des plantes
Techniques pour aider les plantes peu rustiques à s'acclimater, à utiliser
principalement les trois premières années.
* Planter au printemps pour la plupart,
attendre le début d'été pour les végétaux préférant un milieu chaud et
sec tels le Tamarix et le Cotinus.
* Planter dans un milieu qui respecte le
plus possible les exigences de la plante car la marge de "manœuvre"
est plus restreinte. Par exemple, la Gypsophila demande un sol
très bien
drainé, meuble en profondeur et alcalin.
* Enterrer la greffe des rosiers sous 5 à
15 cm de terre, même pour les rosiers rustiques.
* Éviter les sols trop riches, les
engrais minéraux d'été (sauf l'engrais de reprise) et les sources d'azote à
proximité tels un tas de compost, la présence de plantes de la
famille des
légumineuses (Fabacées) ou d'autres plantes fixatrices d'azote comme Alnus
crispa. Il ne faut pas stimuler la croissance pour éviter des problèmes
d'aoûtement en fin d'été.
*Effectuer une régie de l'eau selon les
besoins. Trop d'eau exagère la croissance. Ne pas utiliser de paillis si le
temps est frais et humide, attendre le temps sec.
*Planter avec des mycorhizes surtout si
le sol est très sablonneux ou argileux ou compact.
*Pincer les jeunes pousses de la
mi-juillet à la mi-août lorsque la croissance est vigoureuse, chez YActinidia
ou le Cotinus par exemple.
*Supprimer la floraison lorsqu'elle veut
se prolonger en fin d'été et éviter la formation abondante de graines.
Plusieurs Coreopsis, Gaillardia ou Leucanthemum fleurissent
trop !
*Appliquer un engrais riche en potasse
(6-9-15 par ex.), à la fin de l'été.
*Si un épais paillis est nécessaire
comme protection hivernale, le faire après les premiers gels mais avant les
forts gels de -15 °C (-28 °C novembre 1989, -17 °C novembre
2000).
Préparation des plantes au froid.
*Lorsque la longueur de jours diminue et
que les températures baissent graduellement, le processus d'aoûtement se met
en branle. La plante accumule des réserves et déshydrate en partie ses
cellules, ce qui en abaisse le point de gel. " Les cellules évitent ainsi
la formation de cristaux de glace jusqu'à une température inférieure à une
température donnée (seuil thermique), spécifique à chaque espèce. "'
La zone de rusticité accordée à chaque espèce ou cultivar est basée sur ce
seuil.
1 Tardif, Joanne, Une visite au Jardin Roger- Van den Hende : un
parcours de l'évolution des végétaux, Editions MultiMondes 2003, 161 pages.
D'autres facteurs que le seuil thermique influencent la rusticité des
plantes. On doit en tenir compte pour acclimater la variété choisie à tel ou
tel site du terrain.
* Plantes sensibles à la dessiccation
printanière : Principalement Calluna, Gaultheria et Mahonia. Moyennement
Rhododendron à larges feuilles persistantes. Légèrement
Rhododendron à
petites feuilles persistantes, Thuya sur leur côté sud-ouest.
* Plantes sensibles à la sécheresse
estivale sans donner d'autres symptômes que du bois sec au printemps suivant :
Principalement Euonymus, Hamamelis et Weigela.
Moyennement Prunus à fruits et
ornementaux. Légèrement Abies, Picea et Thuyas : on aura une perte plus
abondante de feuillage en septembre, une faible
croissance l'année suivante et
une forte production de cônes (été 1996 par exemple).
*Plantes sensibles à la dessiccation
hivernale : Principalement Taxus, Rhododendron à larges feuilles persistantes
et Hydrangea macrophylla (tiges et bourgeons à fleurs).
Moyennement Thuya,
Mahonia, Kalmia et Rhododendron à petites feuilles persistantes. Légèrement
Juniperus de forme pyramidale.
*Plantes sensibles à la sécheresse
automnale : la majorité des conifères. Ils font leurs réserves d'eau en
septembre-octobre.
* Plantes sensibles aux conditions
d'évapotranspiration élevée en été, du fait de leur système radiculaire
peu profond : Principalement Acer palmatum, Andromeda,
Calluna, Erica,
Hydrangea, Kalmia, Rhododendrons et Vaccinium. Moyennement Astilbe, Hemerocallis,
Ligularia, Primula et Rodgersia.
* Plantes sensibles aux sols conservant
trop leur humidité lors d'automne pluvieux : Buddleja, Tamarix, Yucca ainsi que
la majorité des plantes alpines.
* Plantes sensibles au froid dans le sol :
Rosa (sauf rugosd), Spiraea vanhouttei, Spiraea japonica 'Anthony Waterer ' et
Weigela.
* Plantes sensibles à la pourriture du
collet causée par la formation de glace sur le sol (novembre 2000, décembre
2003, par exemple) : Hydrangea et Microbiota.
* Plantes redoutant un sol de bonne
fertilité : Buddleja, Cornus canadensis, Tamarix et la majorité des plantes
alpines.
Techniques de protection hivernale selon les microclimats du terrain
Comme les vents jouent un rôle important sur les microclimats d'un terrain,
jetons d'abord un coup d'oeil sur cet exemple théorique :
Tables des
rusticité d'un terrain situé en zone 4 b 5b

Parlons de dessiccation hivernale.
Je propose ici une variante pour les gens qui n'aiment pas les clôtures à
neige et les géomembranes blanches sur leurs conifères pendant six mois. Je
l'utilise chez moi pour protéger un if, Taxus média 'Hicksii', très sensible
à la dessiccation hivernale. Il faut bien comprendre que la partie la plus
fragile est celle exposée à la fois aux vents du sud-ouest et aux rayons
directs et réfléchis du soleil de début d'après-midi.
Toute la partie sud-ouest est soumise aux vents secs. Pourquoi se fait-il alors
que la base et le
sommet demeurent intacts ?
Pour la base, la réponse saute aux yeux de tout jardinier nordique : le
feuillage était dans la neige. Pour le sommet, cela demande une explication. En
mars, la période de dessiccation par les vents très secs venant des régions
polaires est terminée. Le soleil est de plus en plus fort. Le feuillage foncé
des conifères l'absorbe. Or, le feuillage situé au-dessus de la neige reçoit
le soleil direct plus le soleil réfléchi.
En termes précis, c'est Valbédo élevé de la neige blanche, c'est-à-dire sa
capacité de réflexion, qui fait augmenter la température du feuillage.
L'effet se fait sentir sur environ 75 cm de hauteur au-dessus du couvert
neigeux. Les aiguilles atteignent facilement 17 °C en après-midi et il se perd
de l'humidité par évapotranspiration. Comme le feuillage ne reçoit pas de
sève avant la mi-avril, au plus tôt, la dessiccation se poursuit, souvent
jusqu'à la mort des cellules. À la fin avril ou en mai, les aiguilles
deviennent brun roux puis tombent en juin.

La géomembrane blanche peut donc être appliquée pour protéger seulement
la partie sensible. Dans la majorité des cas, cela est suffisant. L'if étant
plus fragile que le genévrier ou le cèdre, un polythène blanc ou transparent
est ajouté pour mieux dévier les vents. Le polythène peut être retiré au
début avril si désiré puisqu'il n'y a plus de vents secs et très froids. La
géomembrane pourra être enlevée dès que le sol est dégelé, par temps
nuageux ou pluvieux.
Pour les personnes qui trouvent les géomembranes blanches peu esthétiques, il
est possible d'appliquer un produit anti-dessicatif vendu en aérosol. Le
produit est dispendieux, mais il n'est pas nécessaire d'en asperger le plant au
complet. Evidemment, si ce produit est excellent pour les conifères, il l'est
également pour tout feuillage persistant. Pensons aux rhododendrons, au houx,
aux bruyères, etc.
Bon jardinage, Louis Saint-Hilaire
Monsieur Louis St-Hilaire est aussi l'auteur d'un livre horticole:
Jardinez avec succès

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Dernière modification : 02 février 2011
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