|
Une bonne idée, insérez La Société d'horticulture de Québec dans vos marques pages
|
|
C'est avec plaisir que nous vous présentons le document préparé par Monsieur Louis St- Hilaire et ayant servi à la conférence: la bonne plante au bon endroit, Nous vous remercions de ne pas reproduire les textes sans l'autorisation de l'auteur.
LES NICHES ÉCOLOGIQUES Par Louis St- Hilaire Les thèmes; Identifier les niches de son terrain :
Les plantes les plus appropriées aux niches
Préparation du sol pour limiter l’entretien à long terme
Introduction Lorsque nous désirons aménager une plate-bande, le premier réflexe est souvent de s’imaginer un agencement de végétaux qui nous plaisent de par leur esthétisme. Nous fixons alors une série de critères à respecter :
De plus en plus, nous désirons que l’entretien au fil des ans soit restreint au minimum. Nous sommes prêts à mettre tous les efforts nécessaires pendant les trois premières années, mais nous ne voulons pas y consacrer tous nos loisirs.
Si nous voulons que tous nos objectifs soient atteints, il convient de donner la priorité au milieu de culture. Il faut d’abord bien analyser les caractéristiques des différents emplacements disponibles sur notre terrain, afin de pouvoir faire un choix de végétaux adaptés à ces milieux. C’est le meilleur gage de réussite à long terme.
Ce soir, nous commencerons par passer en revue les principaux facteurs qui créent ce que nous appelons les niches écologiques. Nous établirons la carte des différentes niches de notre terrain.
Nous verrons par la suite quels sont les meilleurs végétaux pour chacune des niches, dans l’optique d’un jardinage que je qualifierai de «minimal», c’est-à-dire ne nécessitant que peu d’interventions à moyen et long terme..
Nous pouvons évidemment utiliser différentes techniques de jardinage pour améliorer et même modifier ces niches dans le but d’accueillir une plus grande variété de végétaux.
Les principales niches écologiques Le professeur J. Sieber de l’Institut Weihenstephan en Allemagne, un spécialiste mondial des fleurs vivaces, a résumé les principales niches écologiques d’une manière simple à comprendre pour le jardinier amateur.
Des professionnels de l’horticulture s’en sont inspirés, dont Monsieur Emmanuel Lepage, un important producteur et détaillant de fleurs vivaces, installé dans la région de Nantes. Il possède un site web : www.lepage-vivaces.com
Voici comment elles sont décrites.
L’espace libre EL pour l’espace libre des racines des arbres et des arbustes.Les plantes qui y croissent sont également à l’écart de l’ombrage des grands végétaux. Elles sont donc habituées au plein soleil.
Selon la texture du sol et le relief du terrain, cette niche comporte trois divisons qui tiennent compte de l’eau disponible : EL 1, EL 2 et EL 3.
Le chiffre 1 désigne les sols très poreux ou ceux où l’eau pénètre très mal et ruisselle à la surface. Dans les deux cas, le niveau d’humidité est faible la plupart du temps. EL 1 signifie Espace libre sec.
Lorsque la nature de la roche mère rend les sols alcalins et plutôt chauds, nous sommes en lande steppique, LS. La fétuque et le thym poussent naturellement en LS.
Dans la région de Québec, cette niche est peu fréquente. Seuls quelques terres agricoles de Beauport et de Neuville, issus directement de l’altération des calcaires de Trenton et déboisées depuis longtemps, peuvent constituer des landes steppiques.
Lorsque les sols sont franchement sablonneux, pauvres, minces et acides, ils constituent la lande. Plusieurs sols au nord de la ville en sont de bons exemples. Il suffit de se diriger vers les terres déboisées du Lac Saint-Charles, Valcartier, Stoneham, etc. pour en rencontrer. Les graminées tels l’élyme et la molinie sont des plantes de lande, L.
Le chiffre 2 est synonyme de fraîcheur. Lorsque la couche de sol arable est bien développée et que les racines pénètrent jusque vers 25 cm de profondeur, le sol se maintient frais durant la majeure partie de la saison de croissance. Le drainage est normal et le niveau d’humidité demeure constant. Dans la région de Québec, les précipitations sont abondantes. Aussi, la majorité des sols bien drainés sont considérés comme frais. Si le milieu est bien ensoleillé et à l’écart des arbres, nous sommes en espace libre frais, EL 2. Les hémérocalles s’y plaisent.
Si le sol retient l’eau et qu’il est le plus souvent humide sans être saturé d’eau, il est désigné par le chiffre 3. Sur votre propriété, la partie du terrain au nord de la résidence, libre des racines des arbres et jouissant d’une bonne luminosité, forme un espace libre humide, EL 3, surtout si la texture du sol est argileuse. L’alchémille et les filipendules y prospèrent.
La zone de lisière Li désigne la bordure d’un groupe d’arbres ou de gros arbustes. Nous ne sommes pas en sous-bois, la luminosité est bonne, mais les plantes vivaces et les petits arbustes doivent supporter la présence des racines qui leur font compétition pour l’eau et les minéraux disponibles. Il faut tenir compte de l’ensoleillement pour mieux définir la niche écologique.
Les chiffres désignant un milieu sec (1), frais (2) ou humide (3), demeurent les mêmes. En combinant le niveau d’humidité et l’ensoleillement, nous obtenons six niches :
Les feuilles des arbres sont un bon apport de matière organique. La fertilité des sols est souvent meilleure qu’en espace libre.
La zone sous les arbres C’est la niche réputée la plus difficile, non seulement à cause de la compétition des racines, mais également parce que la lumière, responsable de 90 % de la croissance des plantes, y fait défaut. À cause de la présence de nombreuses feuilles d’arbres en décomposition, quelques plantes réussissent à tirer leur épingle du jeu.
Les lettres AR désignent ce milieu. Nous identifions trois niches selon le niveau d’humidité :
L’espace pierreux C’est la rocaille formée d’un sol très bien drainé. Le relief est souvent en pente et le niveau d’humidité est plutôt faible. Pour être plus précis, la rocaille est divisée en trois parties :
L’espace rives et berges Ici les sols sont marécageux mais ils connaissent une variation du niveau d’humidité. En niche RB 1, il y a des périodes de sécheresse temporaire. C’est le milieu favori de notre iris versicolore. En RB 2, le sol est pratiquement toujours saturé d’eau, c’est l’endroit où croissent l’acore et le butome à ombelles.
L’espace aquatique On le divise en trois parties :
Exercice d’analyse du terrain Je vous invite à faire une analyse de votre terrain. Cela n’a pas besoin d’être compliqué. Le but est de prendre conscience qu’il existe plusieurs niches écologiques. Une façon simple de procéder est de débuter avec les chiffres 1, 2 et 3. Vous pouvez aussi écrire sec, frais et humide.
L’autre étape est de définir le milieu de culture des plantes : une plate-bande, un espace de lisière… Voici un exemple d’analyse sommaire :
Vous remarquez qu’autour de la résidence, il y a une bande d’environ 2 m de largeur où sont indiquées les lettres PB ainsi que les chiffres 1, 2 et 3.
PB signifie plate-bande, ce qui ne fait pas référence à une niche écologique précise. Il y a plusieurs raisons :
Les plantes les plus appropriées aux niches
EL 1, fleurs vivaces : Achillea millefolium, Anaphalis, Anthemis, Aster dumosus, Centaurea montana, Coreopsis, Eryngium, Euphorbia polychroma, Geranium sanguineum, Gypsophila paniculata, Helictotricon, Iris pallida, Lavatera thuringiaca, Lychnis chalcedonica, Nepeta, Perovskia, Ruta, Salvia, Sedum spectabile, Tanacetum coccineum.
Conifères, arbustes : Les genévriers, les épinettes naines, le pin mugo et les cèdres (si l’humidité de l’air est élevée). L’érable de l’Amur, le raisin d’ours, les épines-vinettes, les buis, le caraganier, le cytise, les fustets, l’olivier de Bohème, le chalef argenté, le forsythia, le genêt, la ketmie de Syrie, l’argousier, le kolkwitzia, le chèvrefeuille, les lilas, le tamarix et la viorne lanterne.
EL 2, fleurs vivaces : Alchemilla, Aster frikartii, Astilbe arendsii, Campanula glomerata, Coreopsis, Echinacea, Helenium, Helianthus, Hemerocallis, Heuchera, Iris ensata, Liatris, Miscanthus sinensis, Molinia, Papaver orientalis, Physostegia, Platycodon.
Conifères, arbustes : Les faux-cyprès, les genévriers, le cyprès de Sibérie, les épinettes naines, le pin mugo, le pin sylvestre nain, les ifs, les cèdres et les pruches. L’érable de l’Amur, les érables japonais, l’amélanchier, l’andromède, l’aronie, les épines-vinettes, les buis, les bruyères, le caraganier, le clèthre, les cornouillers, les cotonéastres, le daphné, le diervillée, la camarine, les fusains, le forsythia, les hydrangées, les houx, la corète, le troène, le chèvrefeuille, les magnolias, les seringats, les physocarpes, les potentilles, les rhododendrons, les rosiers, les sureaux, la sorbaire, les spirées, les symphorines, les lilas, la plupart des viornes, les weigelas.
EL 3, fleurs vivaces : Ajuga, Alchemilla, Caltha palustris, Deschampsia, Filipendula rubra, Glyceria, Iris sibirica, Iris pseudacorus, Iris versicolor, Lysimachia punctata, Lythrum salicaria, Phalaris, Polemonium caerulea, Rodgersia, Rudbeckia nitida, Tradescantia, Trollius.
Conifères, arbustes : Le mélèze, les épinettes naines, les cèdres et les pruches. Les aronies, les cornouillers, le clèthre, les hamamélis, le thé du Labrador, les magnolias, les saules, les sureaux du Canada, les lilas de Preston, les viornes cassinoïde et lentago.
Lande steppique, LS : LS fleurs vivaces; Artemisia stellariana, Catananche, Festuca glauca, Helictotricon, Iris pumila, Lavandula, Linum, Lotus corniculata, Pulsatilla, Sisyrinchium angustifolium, Thymus praecox.
Conifères, arbustes : Les genévriers, les épinettes naines et le pin mugo. L’arbre aux papillons, les buis, l’olivier de Bohème, le chalef, l’argousier, les chèvrefeuilles et les lilas.
Lande, L : Elymus arenarius, Molinia. Conifères, arbustes:Les genévriers, épinettes naines,pin mugo. Raisin d’ours, gaultérie, genêt tamarix.
La zone de lisière Li 1, fleurs vivaces : Armeria maritima, Asclepias tuberosa, Calamagrostis, Campanula persicifolia, Centaurea montana, Chelone obliqua, Dianthus deltoides, Echinops, Geranium sanguineum, Lamiastrum, Malva, Potentilla tonguei, Viola cornuta, Viola odorata.
Conifères, arbustes : Le sapin baumier nain, plusieurs genévriers étalés et les épinettes naines. Le raisin d’ours, l’olivier de Bohème, le chalef, le fosrythia, la gaultérie, l’argousier, le milleperthuis, les chèvrefeuilles,
Li 2, fleurs vivaces : Aconitum carmichaelli, Ajuga, Anemone tomentosa, Amsonia, Aquilegia, Aruncus dioicus, Astilbe, Baptisia, Bergenia, Chelone obliqua, Cimicifuga, Deschampsia, Dicentra, Digitalis purpurea, Geranium macrorhizum, Geum, Hakonecloa, Heuchera, Hosta, Humulus, Lamium maculatum, Molinia, Monarda, Rudbeckia fulgida, Thalictrum, Vinca minor.
Conifères, arbustes : Le sapin baumier nain, le cyprès de Sibérie, plusieurs genévriers étalés, les épinettes naines, les ifs, les cèdres et les pruches. L’amélanchier, les épines-vinettes, les buis, les bruyères, le caraganier, le clèthre, les cornouillers, le daphné, le diervillée, les fusains, le forsythia, les hydrangées, les houx, le chèvrefeuille, les magnolias, les seringats, les physocarpes, les rhododendrons, les sureaux, la sorbaire, les spirées, les symphorines, les lilas, la plupart des viornes, les weigelas.
Li 3, fleurs vivaces : Aconitum napellus, Alchemilla, Astilboides tabularis, Corydalis lutea, Darmera, Filipendula rubra, Iris sibirica, Ligularia, Lobelia cardinalis, Lysimachia numularia, Petasites, Primula denticulata, Tradescantia, Veronicastrum. Conifères, arbustes : Le sapin baumier nain, les épinettes naines, les cèdres et les pruches. Les cornouillers, le clèthre, les hamamélis, les magnolias, les sureaux du Canada, les lilas de Preston, les viornes cassinoïde et lentago.
La zone sous les arbres AR 1, fleurs vivaces : Aegopodium podagaria, Helleborus, Lamiastrum, Lathyrus latifolius, Waldstenia.
Conifères, arbustes : Le sapin baumier nain. La gaultérie, la viorne lanterne, la vigne vierge.
AR 2, fleurs vivaces : Actaea, Anemone tomentosa, Aruncus dioicus, Asperula odorata, Astrantia major, Brunerra macrophyla, Cimicifuga, Convalaria, Dicentra, Epimedium, Hosta, Kirengeshoma, Pachysandra, Pulmonaria, Tiarella, Tricyrtis, Trollius, Vinca minor.
Conifères, arbustes : Le sapin baumier nain, l’if et les pruches. L’amélanchier, le clèthre, les cornouillers, le daphné, le diervillée, les fusains, la gaultérie, les houx, les magnolias, les physocarpes à feuillage vert, les rhododendrons, les sureaux, la sorbaire, les symphorines et la plupart des viornes.
AR 3, fleurs vivaces : Astilboides tabularis, Matteucia, Onoclea, Osmunda, Rodgersia.
Conifères, arbustes : Le sapin baumier nain et les pruches. Les cornouillers, le clèthre, les hamamélis, les magnolias, les sureaux du Canada, la sorbaire, les viornes cassinoïde et lentago.
L’espace pierreux La steppe rocheuse, SR 1 : Anthemis, Armeria maritima, Cerastium, Delosperma, Eryngium, Gypsophila repens, Lavandula, Nepeta, Perovskia, Phlox subulata, Ruta, Sedum spatufolium, Thymus. Conifères, arbustes : Le sapin baumier nain, les genévriers, les épinettes naines, les pins nains et les cèdres (si l’humidité de l’air est élevée). Le raisin d’ours, l’arbre aux papillons, l’olivier de Bohème, le chalef, l’argousier, le genêt, la ketmie de Syrie, les chèvrefeuilles, le tamarix. La steppe rocheuse, SR 2 : Campanula carpatica, Primula vialii, Sagina Conifères, arbustes : Le sapin baumier nain, les faux-cyprès, le cyprès de Sibérie, les genévriers, les épinettes naines, les pins nains, les cèdres. Le raisin d’ours, l’olivier de Bohème, le chalef, l’argousier, le genêt, la ketmie de Syrie, et les chèvrefeuilles.
L’espace rocheux, ER : Fleurs vivaces; Arenaria maritima, Campanula portenschlagiana, Dianthus gratianopolitanus, Geranium cinerea, Persicaria affine.
Conifères, arbustes : Le sapin baumier nain, les genévriers étalés, le pin mugo. Le raisin d’ours.
Créer des plates-bandes pour chaque niche : exemple en AR 2 Pour la strate des plantes de 2 à 5 m de hauteur, commencez par situer les plantes à feuillage de texture moyenne, tels les physocarpes ou les viornes, aux endroits où il faut masquer des aspects moins intéressants de la plate-bande. Le but est de ne pas attirer les regards. Un arbuste de forme arrondie, au feuillage vert de texture moyenne, est ce qu’il y a de plus discret.
Placez un magnolia ou un sureau, à la texture grossière, pour faire un fond de scène à des plantes plus basses, au feuillage moyen à fin.
Pour ce qui est des amélanchiers et des jeunes pruches, placez-les en massifs de trois à cinq plants car leur texture fine possède moins d’impact visuel.
Devant la strate des végétaux de 2 à 5 m de hauteur, vous placez des arbustes et des conifères atteignant 1 à 2 m de hauteur. Le but est double :
En ce qui concerne le choix des végétaux, vous prenez appui sur votre fond de scène. Devant le sureau au feuillage composé, vous préférez le feuillage simple du diervillée ou de la symphorine à celui, composé, de la sorbaire à feuilles de sorbier. Le but est de créer un élément de contraste qui durera de mai en octobre.
Vous faites l’inverse devant le physocarpe ou la viorne. La sorbaire à feuilles de sorbier, le fusain ailé et la barbe-de-bouc (Aruncus dioicus) seront de bons choix.
Que placer devant les plantes de la strate 1 à 2 m ? Vos goûts personnels entrent en ligne de compte ici plus qu’ailleurs. Vous décidez si vous continuez dans la veine des contrastes de feuillage ou si vous privilégiez l’harmonie.
Nous sommes devant le sureau de Canada. Vous avez planté un massif de diervillées au feuillage simple vert foncé luisant et aux fleurs jaunes en milieu d’été. Ils atteignent environ 90 cm de haut. Avec une vivace telle que la fleur des Elfes (Epimedium sulfureum), vous aurez un feuillage simple, une floraison jaune au printemps sur un plant robuste qui atteint 30 cm de hauteur. Vous privilégiez l’harmonie en devant de plate-bande.
Vous décidez de placer des hostas devant les diervillées. C’est donc un retour à une texture de feuillage grossière, pour créer plus de contraste. Vous optez pour feuillage panaché de jaune ou de blanc pour plus de visibilité. Il ne faudrait pas choisir une variété trop haute comme Hosta fortunei ‘Aureomarginata’ car elle serait trop visible par rapport au diervillée. Une variété plus basse, dont le feuillage atteindrait 20 à 30 cm de hauteur, serait plus appropriée : Hosta ‘So Sweet’.
Voyons maintenant des exemples en milieu plus facile, EL Nos voici en site ensoleillé, sans compétition de racines d’arbre ou de gros arbustes pour les éléments minéraux.
En EL 1, vous constaterez que la plupart des espèces sont des plantes de faible fertilité. Elles proviennent souvent de milieu semi-désertique et de sol mince. Peu d’entre elles sont indigènes car ce milieu est peu fréquent ici. Pour trouver des chalefs argentés (Elaeagnus commutata), un proche parent de l’olivier de Bohème, au Québec, il faut aller sur les «caps rocheux» des environs du Bic. Si vous allez en Bretagne, en sol acide, salin et rocailleux, vous découvrirez des champs complets couverts de genêts.
Si vous enlevez une bonne section de pelouse qui jaunit à l’été par manque d’eau, les plantes suggérées dans la liste EL 1 pourront croître presque sans soins, surtout si vous avez placé des mycorhizes dans le trou de plantation et un peu de compost forestier comme paillis. Au fil des ans, la fertilité apportée par les micro-organismes du sol est suffisante pour que ces plantes se débrouillent seules.
Le principal entretien consistera en un sarclage annuel pour empêcher les plants tels les tilleuls ou les bouleaux, dont les graines ont germé, de s’établir.
En EL 2, il est possible de planter des astilbes d’Arends (Astilbe arendsii) comme plante d’entretien minimal. Il vaut cependant la peine d’élaborer un peu plus sur ce point.
Les nombreux hybrides de cette espèce sont décrits comme préférant la mi-ombre et les sols se réchauffant peu. Ces astilbes peuvent croître au plein soleil si le sol conserve son humidité. Elles sont également présentes dans la niche Li 2 et PB. Cela signifie simplement qu’elles tolèrent les racines d’arbre si l’humidité demeure constante et la fertilité bonne. Si ces deux conditions ne sont pas présentes naturellement, vous pouvez les cultiver en plate-bande où vous les maintiendrez artificiellement dans ces conditions.
Vos exigences vis-à-vis la beauté des épis floraux sera un facteur déterminant dans l’entretien. Il faut avoir vu des astilbes en EL 2 laissées à elles-mêmes pendant une dizaine d’années pour constater qu’elles ne fleurissent plus aussi bien qu’au début. Cependant, dans la nature, personne ne leur en fera reproche.
En nature, les astilbes chinoises et japonaises se retrouvent principalement en bordure de boisé. Elles sont donc classées Li 2 et PB, pour qui désire une plus belle floraison.
En EL 3, le mélèze fait son «entrée» dans les plantes suggérées. Il aurait pu être classé EL 2 et EL 3 car il se débrouille très bien en sol frais. Lorsque nous vendons un mélèze d’Europe pleureur, nous mentionnons de ne pas oublier de l’arroser lors d’une période de sécheresse prolongée. La raison est bien simple.
Un mélèze laissé à lui-même par temps chaud et sec, comme à l’été 1995, peut tout aussi bien mourir sur place sans donner de symptômes nets. Un beau matin, ses aiguilles rougissent et le lendemain, il est complètement roux puis il se dégarnit et il n’est bon qu’à couper. Il est mort depuis plusieurs jours, il n’y a plus rien à faire. Nous ne pouvons le placer en EL 2 à entretien minimal pour cette raison.
Puisque nous aménageons tous des plates-bandes près de notre résidence, voyons un exemple en milieu frais.
Voici un exemple de plate-bande située à Sainte-Foy qui prouve qu’en identifiant bien la niche écologique d’une plante, nous pouvons faciliter grandement le jardinage.
Les trois faux-cyprès de Sawara pleureurs croissent depuis des années dans cette plate-bande avec un minimum de soins. Ils ne sont même pas protégés pour l’hiver ! Comme vous le constatez, la plate-bande près du restaurant est surélevée. Le mur fait face au nord-ouest. Il n’y a pas d’arbres dans les environs immédiats. Le sol est nécessairement bien drainé mais l’exposition au soleil de toute fin d’après midi, sur un mur blanc, fait que le niveau d’humidité demeure assez constant. Nous sommes en PB 2. Pour les racines du faux-cyprès, c’est parfait. Ce conifère réputé difficile de culture apprécie, par-dessus tout, la fraîcheur de l’air, hiver comme été. Le bâtiment protège les trois conifères des vents dominants, et spécialement de ceux du sud-ouest, les plus secs, hiver comme été. Les faux-cyprès ne sont pas au plein soleil, mais la luminosité est excellente. Ces conifères s’adaptent plus facilement à une lumière plus faible que s’ils devaient composer avec un air plus sec. Les potentilles sont toujours en fleurs durant l’été car elles bénéficient d’un espace libre frais, EL 2. Elles sont plantées à plus de 2 m du bâtiment, là où la lumière est très bonne. Ces potentilles ne seraient pas aussi florifères près du mur sud car l’humidité du sol sablonneux y est déficiente (PB 1). Si des arbres croissent à proximité des potentilles (Li 1), c’est encore pire. C’est dans une niche de PB 2 que nous avons l’embarras du choix des variétés. Nous pouvons laisser libre cours à notre imagination et nous fixer plusieurs critères tant esthétiques que bien spécifiques (plantes pour les oiseaux, plantes médicales, etc.).
Techniques d’entretien lors de sécheresse prolongée
Si vous avez respecté les exigences de base dans le choix de vos plantes, vous ne devriez pas vous soucier des sécheresses passagères. Dans la région de Québec, elles sont habituellement rares.
Le climat est-il vraiment en train de changer ? Les climatologues nous prédisent un climat plus maritime : des printemps plus frais et humides et des fins d’été plus chaudes et sèches. Les cultivateurs disent que le mauvais temps, ce sont les mêmes conditions météo qui se prolongent plus de quinze jours consécutifs. Donc, en ce qui concerne la sécheresse prolongée, méfions-nous du temps ensoleillé accompagné de températures journalières au-dessus de 24 °C, pendant plus de quinze jours. Les sols argileux bien drainés perdent leur humidité en surface et les racines des plantes peinent à y puiser l’eau nécessaire. Nous avons déjà vu que l’utilisation des mycorhizes et des paillis aide beaucoup à surmonter ces problèmes. Cependant, s’il n’y a plus d’eau dans le sol, le champignon (mycorhize) ne peut tout de même pas en inventer. Il faut dons arroser. L’idéal est de fournir environ 50 mm d’eau aux quinze jours. Arroser abondamment pendant dix minutes est moins efficace que de laisser s’écouler un mince filet d’eau pendant une heure. En sol argileux, il faut prévenir et ne pas laisser le sol devenir dur et compact car l’eau va ruisseler au lieu de pénétrer. La meilleure technique est la combinaison boyau suintant (ou mini-asperseur) et paillis de 5 à 7 cm d’épaisseur. Il faut arroser assez longtemps pour que le paillis soit détrempé. Cela suffit pour au moins une semaine de canicule.
Dans les climats plus chauds, l’épaisseur du paillis augmente. Un exemple éloquent : en région parisienne, pour la culture des bleuetiers (appelés myrtilles géantes), des arbustes qui possèdent peu de racines et pour qui les mycorhizes sont inutiles, il est conseillé d’utiliser un système d’irrigation au goutte-à-goutte et 20 cm de paillis ! À Québec, une telle épaisseur de paillis empêchera le réchauffement printanier et les plants fleuriront en début d’été ! Les gens qui jardinent de façon méticuleuse peuvent s’inspirer des producteurs de fraises. De la paille est ajoutée en été pour réduire les besoins en eau et éviter que les fruits touchent au sol. Pour protéger les plants des froids hivernaux, de la paille est ajoutée en automne. Au printemps, une bonne partie de la paille est enlevée pour permettre un meilleur réchauffement du sol. Il ne faut surtout pas retarder la venue des premières fraises, ce sont les plus prisées et celles qui se vendent le plus cher.
Préparation du sol pour limiter l’entretien à long terme
La fertilité naturelle des sols Sans intervention humaine, il s’établit au fil des ans un processus qui permet aux végétaux de croître et de parvenir à un stade appelé climax. Prenons l’exemple d’une parcelle de terre vendue par son propriétaire à un spéculateur immobilier. L’acheteur décide de faire enlever toute la couche de sol arable et de la vendre. La terre est laissée à nu pendant plusieurs années parce que le spéculateur attend un meilleur prix. Que se passera-t-il sur cette parcelle ?
Il y aura d’abord une fragmentation du sol par des actions physiques : les écarts de température, l’effet des vents et les fissures de gel. Il y aura aussi une altération chimique sous l’action combinée de l’eau, du gaz carbonique, des acides ou des bases. Le «squelette» du sol se met en place.
Les premières années, des semences de toutes sortes germeront. Ce sont les espèces dites «colonisatrices» qui réussiront à s’implanter. Par exemple, l’aulne crispé, avec ses racines qui possèdent des bactéries fixatrices d’azote, réussira à croître dans un milieu aussi pauvre. Ses feuilles tomberont au sol et seront décomposées par des micro-organismes. Il y a un enrichissement progressif en matières organiques .
La fertilité du sol devient légèrement meilleure. Les peupliers faux-trembles, les bouleaux, les sapins les cornouillers, les viornes s’implantent. La fertilité continue à augmenter lentement. Les semences d’espèces plus exigeantes tels l’érable, le bouleau jaune, le tilleul ou le hêtre peuvent alors donner naissance à des arbres qui formeront un peuplement forestier.
Dans la région de Québec, le peuplement forestier, dans un sol au drainage normal, sera une érablière à bouleau jaune, qui se maintiendra pendant des siècles si rien ne vient la perturber (feu de forêt par exemple). La parcelle de terrain est parvenue au stade du climax et le sol jouit d’une bonne fertilité, après quelques centaines d’années. ---------- Une coupe pratiquée dans le sol de cette parcelle nous montrera ce que les pédologues nomment des horizons. En surface, l’horizon A contient la matière organique provenant principalement des feuilles mortes, ainsi que les micro-organismes qui la décomposent. Ces organismes sont des végétaux (les bactéries aérobies, les algues, les lichens, les champignons) et des animaux (les vers de terre, les cloportes, les iules, les protozoaires, les insectes, etc.). Les minéraux digérés par les micro-organismes descendent vers la base de cet horizon appelé humus stable. Les vers de terre participent beaucoup à cette migration des minéraux vers l’humus stable. L’horizon B désigne la roche altérée par les micro-organismes, l’air et l’eau. Parmi les micro-organismes, ce sont principalement les champignons et les bactéries anaérobies qui colonisent les racines qui font le travail. Les minéraux de la roche altérée montent se fixer à la couche d’humus stable, et deviennent disponibles pour la croissance de la plante. Sous l’horizon B, la roche non altérée est nommée horizon C, qui désigne la roche mère. Notons que les pédologues utilisent le terme «roche» pour tout substrat, que ce soit du sable, de l’argile, du limon, du granite, du grès… Pour les géologues, même l’eau est une roche.
Dans notre exemple de la parcelle de terrain laissée à nu par le spéculateur, la formation de l’horizon A se fera très lentement au début. Pour constituer une couche de sol arable de 2 à 3 cm d’épaisseur, il faut en moyenne un siècle.
Avec le temps, l’humus stable descendra à environ 20 à 25 cm de profondeur. Les feuilles mortes et autres matières organiques seront digérées par les bactéries. Le pourcentage de matière organique totale atteindra 4 à 5 % de l’humus stable. Il y aura suffisamment de micro-organismes, de racines, d’air et d’eau pour altérer la roche mère. Les minéraux de la roche mère migreront vers l’humus stable puis se fixeront à la matière organique et pourront soutenir la croissance des végétaux. L’humus stable est le véritable garde-manger des plantes.
Dans ces conditions, avec les feuilles mortes qui tombent à chaque année et avec une bonne couche de sol arable de 20 à 25 cm d’épaisseur, la fertilité du sol demeure bonne de façon naturelle. Pour soutenir la croissance de la grande majorité des plantes, il n’est pas nécessaire de fertiliser.
En ce qui concerne les plantes vivant naturellement dans des conditions de faible fertilité, tels les graminées qui forment la pelouse, la seule altération de la roche mère est suffisante pour soutenir la croissance. L’apport de nouvelle matière organique, par la décomposition des feuilles ou par l’épandage d’une fine couche de compost, n’est pas nécessaire. Dans un tel contexte, il est tout à fait correct d’affirmer que la pelouse n’a pas besoin de fertilisants.
Correction des sols Un sol sablonneux Dans la région de Québec, un sol sablonneux est souvent acide de façon naturelle. Il ne l’est pas toujours.
Pour savoir si le sol est trop acide, il faut observer la croissance des plantes. Si la croissance est plus faible que la normale, la première mesure est de fertiliser. Si la personne applique un engrais minéral et que la réponse du plant est décevante, il est fort probable que l’acidité sera élevée. La présence de petites «fraises des champs» en abondance dans les champs environnants est aussi un bon indice de pH bas, souvent aux alentours de 4,5.
Un pH trop bas se corrige assez facilement par l’application de chaux horticole. Il faut préciser qu’il faudra quelques mois pour que la chaux horticole fasse pleinement son travail. Il ne faut pas chercher à corriger trop rapidement le pH car il se produit alors une forte perturbation de la vie microbienne. Si on met trop de calcium, c’est la disponibilité du phosphore qui est affectée.
La chaux horticole (chaux dolomitique) contient du magnésium, ce qui la rend beaucoup plus efficace que la chaux vive (carbonate de calcium, CaCo3) qui a tendance à former des «paquets» qui ne descendent pas dans le sol et sont peu disponibles pour les plantes.
La cendre de bois franc est également très utile pour augmenter le pH. De plus, c’est une excellente source de potasse et d’oligo-éléments. Elle est appliquée à l’automne ou au printemps, en faible quantité, environ une tasse par mètre carré. Il faudra faire une analyse de sol de temps à autre pour mesurer les résultats.
Le principal défaut des sols sablonneux est souvent la rétention d’eau trop faible. La situation classique est la suivante :
Pour régler le problème à long terme, il faut corriger la structure du sol.
Corriger un sol sablonneux La plus vieille façon de procéder consistait à incorporer de l’argile au sable pour augmenter la cohésion des particules et ainsi ralentir le passage de l’eau. L’argile crée des liens électriques entre les particules de sol, ce qui constitue la meilleure méthode à long terme pour améliorer la structure du sol. Cette méthode demande par contre beaucoup de travail.
Avec l’arrivée de la tourbe de sphaigne, les jardiniers disposaient d’un produit facilement manipulable et peu dispendieux. La sphaigne est une plante croissant en tourbière, un milieu très acide. Au fil des millénaires, les plants de sphaigne meurent, se décomposent et se minéralisent. Les sphaignes, sous forme de tourbe, sont une forme de matière organique qui ne possède plus de propriétés fertilisantes. Il ne faut donc pas la compter dans le pourcentage de matière organique qui assure la fertilité du sol en compagnie des micro-organismes. Elle peut par contre retenir près de vingt fois leur poids en eau. Elle améliore donc la rétention d’eau, mais en abaissant le pH. Lorsque la personne achète de la tourbe de sphaigne en ballots, elle ne devrait pas en incorporer plus du tiers en volume dans une couche de 25 cm d’épaisseur. Il vaut mieux en mettre moins que plus car la tourbe de sphaigne est compressée dans le ballot et occupera un plus grand volume une fois incorporée au sol. Si l’acidité du sol est déjà élevée avant l’ajout de tourbe de sphaigne, il faudra être plus prudent. Sous 5,5 le phosphore n’est plus assimilable et certains minéraux tels l’aluminium et le cadmium peuvent devenir toxiques. Il est toujours possible de compter sur les os moulus ou la chaux horticole pour modifier le pH, mais il est également pertinent d’utiliser d’autres produits que la tourbe de sphaigne pour augmenter la rétention d’eau. Le compost mûr, tel le BIO-PLUS ou celui que la personne a elle-même fabriqué, va augmenter la fertilité et la rétention d’eau, à court terme. Il ne fait pas augmenter l’acidité, au contraire. En l’espace de quelques mois, le compost sera digéré par les bactéries puis assimilé par les plantes. La personne améliorera donc la situation sur une période de un à trois ans, selon la quantité incorporée et la demande des plantes cultivées. L’effet n’est pas permanent. Il en sera de même pour les feuilles mortes. À l’automne, la personne peut déchiqueter les feuilles mortes à l’aide d’une tondeuse à gazon et les incorporer au sol. Les feuilles mortes retiendront l’eau pendant deux à trois ans, le temps qu’elles soient décomposées, puis elles serviront à la croissance des plantes. Les bénéfices de cette pratique dureront en moyenne entre trois à cinq ans. La personne pourrait choisir d’incorporer du bois raméal fragmenté, même s’il est frais. Le bois raméal fragmenté est vendu en vrac, ce qui est une solution moins coûteuse que le compost, sur de grandes surfaces. Comme pour les feuilles mortes, les morceaux de branches du bois raméal seront décomposés sur une période de quelques années. Le compost forestier est un autre très bon produit car il contient à la fois de la matière organique prête à être digérée puis assimilée par les plantes, et des morceaux d’écorce qui amélioreront la structure du sol pendant quelques années. Depuis quelques années, la litière pour chat est utilisée pour former un complexe électrique autour des particules du sol et ainsi en augmenter la cohésion. La litière pour chat, c’est de l’argile déshydratée facilement manipulable. La capacité de rétention d’eau sera améliorée de façon durable. Un pourcentage de 15 à 20 % de litière pour chat est suffisant pour corriger la structure du sol à long terme.
Un Un sol argileux contient plus de minéraux qu’un sol sablonneux. Par contre, les micro-organismes s’y développent plus difficilement à cause de la mauvaise circulation de l’air et de l’eau. Comme ce sont les micro-organismes qui rendent les minéraux disponibles pour les plantes, la fertilité demeure faible. Dans ce cas typique d’un terrain de résidence de banlieue de la région de Québec, la première chose à faire est de modifier la structure du sol argileux en visant trois buts :
Corriger un sol argileux La vieille technique qui consiste à incorporer du sable grossier à l’argile demeure la meilleure. Il faut mêler aux premiers 25 cm de sol un bon 10 à 20 % de sable dont on sent bien rouler les grains dans la main. Ajouter du sable fin n’améliore pas la structure de l’argile de façon significative. Idéalement on ajoute au sable grossier un 5 % de pierre concassée, communément appelée «du 0-¾». Pour de petites surfaces, la personne peut acheter des sacs de pierre concassée «¼», qui se vend sous le nom de «grit». Si elle en a sous la main, la personne peut également incorporer de petites roches qui contribueront à améliorer l’aération du sol et la circulation de l’eau. C’est une pratique courante, en sol argileux humide, de placer du 0-¾ dans le fond du trou de plantation d’un arbre pour créer une zone tampon mieux aérée qui empêchera le surplus d’eau de monter par capillarité dans la terre de plantation. Cela permet aussi un meilleur départ des racines qui ancrent l’arbre dans le sol. Avec ces amendements inertes, la structure du sol argileux sera modifiée à long terme. Le premier but sera atteint. Le pH qui était de 5,5 au départ (un exemple fréquent) remontera à 6 du simple fait que l’aération est meilleure. N’oublions pas que l’échelle de notation du pH est logarithmique. Un pH de 5,5 est dix fois plus acide que la normale de 6,5. Incorporer de la matière organique modifie la cohésion du sol. Il se crée d’autres liens électriques entre les particules de sol, ce qui ouvre des espaces pour la circulation de l’air et de l’eau. Un sol bien équilibré est composé de 25 % d’air et de gaz provenant de la décomposition de la matière organique. La fraction liquide compte pour 25 % également. Il reste donc 50 % pour la fraction solide (environ 45 % d’éléments minéraux et 5 % d’éléments organiques.
Les sources de matière organique sont diverses. La tourbe de sphaigne est facilement disponible, peu dispendieuse et constitue un amendement à long terme. Cependant, elle est acide et retient l’eau. Le sol y gagne sur le plan de l’aération, ce qui favorise le développement des micro-organismes, mais il y perd sur la baisse d’acidité. Il est préférable de prendre au départ une analyse de sol pour bien évaluer la pertinence d’utiliser la tourbe de sphaigne. En sol peu acide, la recette traditionnelle demeure valable, à savoir un tiers tourbe de sphaigne, plus un tiers de terre à jardin, plus un tiers de l’argile en place, plus la poudre d’os pour désacidifier et favoriser le développement des racines. En sol acide, il faudra ajouter de la chaux horticole ou, encore mieux, se tourner vers d’autres sources de matière organique. Rappelons que la tourbe de sphaigne n’augmente pas la fertilité du sol, qui est notre second objectif. En agriculture biologique, la paille et les résidus de culture (tels les tiges de maïs inutilisées) sont largement utilisés pour alléger le sol et le fertiliser lorsque les micro-organismes les auront décomposés. Une personne qui cultive des graminées ornementales peut couper une bonne partie du feuillage sec, en novembre, le déchiqueter à la tondeuse et l’utiliser comme paille. En horticulture ornementale, le compost forestier est un excellent produit car il nous permet d’atteindre nos trois objectifs. Les résidus grossiers d’écorce allègent le sol à court et moyen terme. Le compost augmente la fertilité du sol ainsi que le pH et apporte des bactéries qui se multiplieront et redonneront de la vie à ce milieu qui en manquait sérieusement. Le bois raméal fragmenté jouera un rôle similaire au compost forestier s’il est vraiment prêt à l’utilisation. De plus il favorise grandement la multiplication des vers de terre, ce qui aère et fertilise le sol en même temps. Il faut être plus prudent sur le degré de décomposition des matières organiques en sol argileux qu’en sol sablonneux. Ainsi, la personne peut incorporer des feuilles mortes de l’année précédente qui ont été compostées avec de la terre, mais pas de feuilles fraîchement déchiquetées à la tondeuse ou des résidus de gazon vert. Lorsque ces matières sont peu décomposées, les bactéries qui les digèrent ont besoin d’azote pour accomplir leur travail. En incorporant du fumier, du compost, du bois raméal ou d’autres résidus de ce type trop frais, les bactéries iront chercher l’azote dont elles ont besoin dans le sol et en feront baisser la fertilité pour plusieurs semaines.
En sol sablonneux, l’activité des bactéries est plus forte et la baisse de fertilité est plus courte. De plus, cette baisse de fertilité temporaire est en partie compensée par le gain de cohésion du sol.
En agriculture biologique, des purins faits de décoctions de plantes captant l’azote (tel la grande consoude) sont répandus pour fournir l’azote nécessaire aux bactéries et ainsi annuler la baisse de fertilité. Pour la plupart d’entre nous, cette technique de jardinage est perçue comme difficilement réalisable. Une petite poignée d’engrais à jardin tel du 4-12-10 par mètre carré joue très bien ce rôle.
Par contre, l’utilisation de plantes fixatrices d’azote est facilement envisageable et permet d’augmenter l’activité des bactéries dans le sol.
C’est la raison pour laquelle la présence de trèfle, après avoir été désignée comme «inesthétique» dans les pelouses durant les années 60 à 80, a été réhabilitée dans les années 90. Dans une plate-bande de fleurs vivaces, des légumineuses (Fabacées) peuvent être plantées pour jouer le même rôle. Pensons au lupin faux-indigo (Baptisia australis), au lotier (Lotus corniculatus) au lupin (Lupinus sp.), au trèfle ornemental (Trifolium repens ‘Purpurascens’) ou encore au faux-lupin (Thermopsis sp.). N’oublions pas les pois grimpants, Lathyrus sp., qu’ils soient vivaces ou annuels. Au potager, la culture de fèves ou de gourganes sont une source d’azote connue depuis des temps immémoriaux.
LES NICHES ÉCOLOGIQUES Par Louis St- Hilaire 18/02/07 Nous vous remercions de ne pas reproduire les textes sans l'autorisation de l'auteur. La Société d'horticulture de Québec tient à remercier Monsieur Louis St- Hilaire de ses collaborations horticoles C.Falardeau Envoyez un courrier électronique à cfal1@oricom.ca pour toute question ou remarque concernant ce site Web. Dernière modification : 22 janvier 2009 |
|
|